Utilisation de téléobjectifs pour les paysages

Vous pensez que les paysages ne peuvent être photographiés qu’avec des objectifs grand-angle ? Détrompez-vous ! Nicolas Jægergård, créateur Nikon, explique pourquoi les téléobjectifs sont tout aussi puissants…
Lorsqu’il s’agit de photographier de grands paysages, la plupart des photographes optent instinctivement pour un objectif grand-angle, mais que se passe-t-il si vous ne le faites pas ? Pour ce projet, nous avons mis le photographe danois Nicolas Jægergård, spécialiste des paysages et de l’aviation, au défi de saisir des paysages spectaculaires en n’utilisant que des téléobjectifs : l’objectif NIKKOR Z 180-600mm f/5.6-6.3 VR et l’objectif NIKKOR Z 600mm f/6.3 VR S. Découvrez comment il s’en est sorti et les conseils qu’il a à nous prodiguer…

« L’utilisation d’un téléobjectif m’oblige à passer plus de temps à effectuer des réglages et des ajustements. » ©Cecilia Erikdsdóttir Pedersen
Premiers pas
Il n’est pas toujours facile d’utiliser un téléobjectif pour les paysages, mais les résultats peuvent être étonnants si vous cadrez correctement votre image. Il s’agit de s’éloigner de l’esprit grand-angle et de trouver des angles créatifs, de se rapprocher, d’isoler des détails et de créer une narration différente. C’est ainsi que l’on peut saisir quelque chose d’unique par rapport à un paysage traditionnel photographié avec un grand-angle où il y a énormément de choses qui se passent en même temps.

Z9 + NIKKOR Z 180-600mm f/5.6-6.3 VR, 180 mm, f/6.3, 1/500 s, 800 ISO, ©Nicolas Jægergård.
Un objectif pour paysage classique, tel que le NIKKOR Z 14-24mm f/2.8 S, vous permet de saisir une plus grande partie de la scène sur une seule vue. C’est l’un de mes préférés lorsque je dois photographier une vue large, mais un 24–70 mm, tel que le nouveau NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S II, constitue une autre excellente option. Un téléobjectif, en revanche, est un objectif dont la focale est supérieure à la normale, généralement 85 mm et plus. Il vous rapproche beaucoup plus de votre sujet, plus près que ce que nos yeux peuvent voir, avec un champ de vision étroit qui magnifie les détails éloignés. Contrairement au grand-angle, qui exagère l’espace, le téléobjectif comprime la perspective, en rapprochant le premier plan de l’arrière-plan. Cette compression, ainsi que la portée supplémentaire, est la raison pour laquelle les téléobjectifs sont si populaires pour le sport, la faune et les portraits. C’est aussi pourquoi je pense qu’ils ont un si grand potentiel pour les paysages.

Z9 + NIKKOR Z 180-600mm f/5.6-6.3 VR, 180 mm, f/5.6, 1/320 s, 400 ISO, ©Nicolas Jægergård. « La bonne lumière peut être l’élément déterminant pour réaliser une photo remarquable. »
Trouver le bon emplacement
Un téléobjectif permet toujours de trouver un bon cadrage, même sur un site appelant normalement un grand-angle. Cela peut changer le sujet que je recherche, mais pas l’emplacement. Prévisualisez vos compositions, car un téléobjectif ne montre pas l’ensemble de la scène. Alors, repérez avec vos yeux les sujets qui méritent d’être isolés. Prendre de la hauteur est également bénéfique, car les superpositions de collines, les montagnes ou les rangées d’arbres s’alignent plus facilement au même niveau. Pensez aussi aux espaces ouverts. Avec un téléobjectif, vous pouvez faire un zoom avant, de sorte que les paysages larges offrent de nombreuses possibilités de trouver ces détails et ces couches.
Cadrage de la scène
Avec un grand-angle, je réfléchis généralement à ce que je peux inclure : un premier plan fort, des lignes directrices, quelque chose qui attire le spectateur. Avec un téléobjectif, c’est le contraire : je me concentre sur ce qu’il faut exclure. Je recherche des formes, de la lumière ou des couches qui se détachent d’elles-mêmes, en isolant et en simplifiant plutôt qu’en essayant de tout montrer. Cela me ralentit également, car même le moindre changement de position peut modifier complètement l’alignement de l’arrière-plan.

« L’un des mes sujets de photographie préférés, ce sont les couches, c’est-à-dire les collines, les montagnes ou quelque chose de similaire, et c’est généralement beaucoup plus facile si vous êtes en hauteur ou au même niveau que votre sujet. » ©Cecilia Erikdsdóttir Pedersen
Exploiter toute la plage
Pour les paysages, je maintiens généralement l’ouverture entre f/6.3 et f/11, en l’ajustant si nécessaire. La stabilisation intégrée à l’appareil photo Z9 est excellente et je la règle souvent sur le mode Sport pour plus de stabilité. La vitesse d’obturation est au moins égale à la focale, et j’aime l’AF zone large (S) pour un contrôle précis de la mise au point. Une fois que j’ai sélectionné ces réglages de base, il me faut déterminer comment chaque focale se comporte et adapter mon approche pour en tirer le meilleur parti.

« Une focale comprise entre 180 et 300 mm est idéale pour montrer à la fois le premier plan et l’arrière-plan. » ©Cecilia Erikdsdóttir Pedersen
180 mm
Une focale de 180 mm offre une certaine flexibilité pour les paysages. Je peux généralement tenir l’appareil photo à la main et il est facile de suivre les sujets en mouvement. Je garderai la vitesse d’obturation au moins à 1/200 s et l’ouverture autour de f/6.3 à f/8. Ce que j’aime, c’est que cela isole le sujet tout en conservant un certain contexte. Et comme l’arrière-plan n’est pas trop comprimé, le résultat est naturel.

Z9 + NIKKOR Z 180-600mm f/5.6-6.3 VR, 180 mm, f/6.3, 1/160 s, 400 ISO, ©Nicolas Jægergård. « Photographier des paysages à 180 mm permet d’isoler le sujet tout en conservant un certain contexte dans le cadre. »
200 mm
Une focale de 200 mm donne un peu plus de compression, ce qui fonctionne très bien en situation de brouillard ou lorsque la lumière traverse des couches de collines. Le champ de vision étant plus étroit, il faut être plus attentif à la composition. J’aime l’utiliser pour jouer avec la profondeur de champ, en rendant le premier plan ou l’arrière-plan net. Ma plage préférée est celle de 200–300 mm, car elle permet une forte séparation du sujet par rapport à l’arrière-plan tout en conservant une plus grande partie de la scène dans le cadre qu’à 600 mm, par exemple.

Z9 + NIKKOR Z 180-600mm f/5.6-6.3 VR, 200 mm, f/5.6, 1/640 s, 320 ISO, ©Nicolas Jægergård.
300 mm
Avec une focale de 300 mm, les choses commencent à devenir plus abstraites, et c’est souvent là qu’un trépied s’avère utile. Je maintiens la vitesse d’obturation sur 1/300 s ou plus et, s’il y a de la brume ou du brouillard au loin, j’ajoute généralement un peu de correction du voile atmosphérique en postproduction. À cette focale, la compression commence vraiment à faire la différence et la scène acquiert une qualité plus graphique. Les premiers plans peuvent être difficiles à inclure, c’est pourquoi je cherche des éléments qui se chevauchent pour donner de la profondeur à l’image.

Z9 + NIKKOR Z 180-600mm f/5.6-6.3 VR, 300 mm, f/6, 1/400 s, 220 ISO, ©Nicolas Jægergård. « L’utilisation d’un téléobjectif m’oblige à passer plus de temps à effectuer des réglages et des ajustements. »
400 mm
À 400 mm, la compression est spectaculaire, de sorte que les pics ou les détails éloignés ressortent vraiment. La difficulté réside dans le fait que même de petits mouvements modifient considérablement la composition, de sorte que je passe plus de temps à affiner ma position. Je trouve vraiment utile d’être en hauteur ou au même niveau que le sujet pour tirer le meilleur parti de cette focale.

Z9 + NIKKOR Z 180-600mm f/5.6-6.3 VR, 440 mm, f/8, 1/20000 s, 640 ISO, ©Nicolas Jægergård. « Les longues focales sont parfaites pour créer des scènes abstraites et même le plus infime déplacement sur le côté peut complètement changer l’image. Alors, essayez de déplacer votre configuration, vous pourriez trouver une meilleure composition à laquelle vous ne vous attendiez pas. »
500 mm
Avec une focale de 500 mm, vous entrez dans la gamme des téléobjectifs extrêmes, et c’est là qu’un trépied est crucial. J’ajuste la valeur ISO ou l’ouverture pour que la vitesse d’obturation soit suffisamment rapide, donc 1/500 s ou plus dans le cas présent. Les gens s’inquiètent parfois de devoir augmenter la sensibilité ISO lorsqu’ils utilisent des vitesses d’obturation élevées et de grandes ouvertures, mais les appareils photo Nikon gèrent très bien le bruit et les logiciels de retouche disposent d’excellents outils de suppression du bruit si vous en avez besoin.

Z9 + NIKKOR Z 600mm f/6.3 VR S, 600 mm, f/9, 1/1600 s, 400 ISO, ©Nicolas Jægergård. « L’utilisation d’un 600 mm pour des photos de paysages était une nouveauté pour moi, et ce fut un véritable défi. Avec une focale de 400 mm, j’ai dû prendre de la distance par rapport à mon sujet ! »
600 mm
La focale 600 mm va encore plus loin. La vitesse d’obturation doit être d’au moins 1/600 s, ce qui permet de conserver la netteté de l’image à une si longue portée. Cette focale est idéale pour créer des scènes abstraites dans lesquelles vous faites ressortir de minuscules détails d’un vaste paysage. La composition devient très sensible. Même le plus petit pas sur le côté peut changer complètement l’alignement de l’arrière-plan ; c’est pourquoi je déplace toujours mon installation pour trouver un cadrage plus solide.
Z9 + NIKKOR Z 600mm f/6.3 VR S. À gauche : 600 mm, f/6.3, 1/640 s, 360 ISO. Au milieu : 600 mm, f/6.3, 1/800 s, 900 ISO. À droite : 600 mm, f/6.3, 1/640 s, 450 ISO. ©Nicolas Jægergård
Conseils de pro
- Demandez-vous « Quelle est l’histoire ? »
Je commence toujours par me demander ce que je veux dire. Le grand-angle permet de montrer l’ensemble de la scène, mais avec un téléobjectif, je peux m’approcher, mettre en évidence des formes ou des détails intimes. Si je remarque des formes répétitives, des couches de montagnes ou un pic unique qui brille dans la lumière, c’est là qu’un téléobjectif prend tout son sens.
- Utiliser les conditions météorologiques pour créer un effet spectaculaire
Le brouillard, la brume ou la lumière de l’heure dorée améliorent la séparation et ajoutent de l’ambiance dans les scènes compressées. Pour le brouillard qui se faufile entre les arbres ou la lumière du soleil qui frappe la cime des arbres, j’utiliserai un 600 mm pour m’approcher au plus près.

Z9 + NIKKOR Z 180-600mm f/5.6-6.3 VR, 350 mm, f/6.3, 1/250 s, 110 ISO, ©Nicolas Jægergård. « Une fois que je sais quelle histoire je veux raconter, je choisis la focale qui convient. »
3. Obtenir une assistance
Avec une focale de 200 mm, même un léger tremblement peut nuire à la netteté. C’est pourquoi un trépied est indispensable pour travailler avec des téléobjectifs. Cela vous permet également d’affiner l’angle de prise de vue de votre appareil photo et de fixer la composition.
4. Cadrer l’essentiel
L’une des plus grandes frustrations liées à l’utilisation des téléobjectifs vient de l’impossibilité de saisir l’ensemble du sujet, par exemple un arc-en-ciel. C’est là qu’un grand-angle serait nécessaire. Mais il est également intéressant de voir un arc-en-ciel remplir le cadre avec un téléobjectif, car le rendu est totalement différent.

Z9 + NIKKOR Z 180-600mm f/5.6-6.3 VR, 180 mm, f/5.6, 1/500 s, 64 ISO, ©Nicolas Jægergård. « Je n’ai pas toujours besoin d’un premier plan pour que l’image soit réussie lorsque j’utilise un téléobjectif. »
5. Accepter les restrictions
En fait, j’apprécie le défi que représente l’utilisation d’une seule focale. Cela m’incite à penser différemment et à rechercher des cadrages que je n’aurais pas vus autrement. Je commence à prêter attention aux petits changements de position, aux modifications de la lumière ou à la façon dont les éléments se chevauchent, ce qui aiguise vraiment mes compétences en matière de composition.
6. La patience est la clé
L’attente de la bonne lumière peut être à l’origine d’une grande photo. C’est pourquoi, dans la mesure du possible, il est préférable d’arriver tôt, surtout si vous prévoyez de saisir un lever ou un coucher de soleil, par exemple.
Z9 + NIKKOR Z 180-600mm f/5.6-6.3 VR. À gauche : 280 mm, f/13, 1/250 s, 2000 ISO. Au milieu : 230 mm, f/32, 1/160 s, 4000 ISO. À droite : 180 mm, f/13, 1/320 s, 1600 ISO. ©Nicolas Jægergård.
7. Correction du voile atmosphérique en postproduction
Il se peut que vos photos et vos vidéos soient un peu « floues ». Cela peut être dû au voile atmosphérique. Pour y remédier, vous pouvez utiliser la fonction de correction du voile atmosphérique dans votre logiciel de retouche et/ou ajouter un peu de contraste. Il est rare que l’on y pense lorsque l’on retouche des photos grand-angle, mais ici, avec ces longues focales, cela fonctionne vraiment bien.
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